L'art du clash : comment Mozart et Rossini chantaient les "Fake News", LA CALOMNIE !

Savez-vous quel est le point commun entre un chef-d'œuvre de Beaumarchais, la finesse de Mozart et un coup de canon musical de Rossini ? La calomnie. Découvrez comment ces géants ont mis en musique le mécanisme de la rumeur, des salons viennois du XVIIIe siècle jusqu’au célèbre crescendo italien. Un sujet brûlant... qui résonne étrangement avec notre époque !

7/2/20262 min read

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Le texte original (Théâtre)

Beaumarchais, Le Barbier de Séville (1775), Acte II, Scène 8 :

« La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez. J'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreur, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien [...].

D'abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sait comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'œil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ? »

La version opéra (Livret)

Wolfgang Amadeus Mozart, Les Noces de Figaro (1786) :

Les Noces de Figaro de Mozart, la calomnie n'est pas théorisée dans un grand air comme chez Rossini, mais incarnée par Don Basilio à travers des moments clés de l'intrigue.

Elle se manifeste principalement dans le trio de l'Acte I (« Cosa sento! ») où Basilio médit sur Chérubin, et dans son air de l'Acte IV, qui justifie la médisance comme un outil de survie sociale.

Cesare Sterbini pour Gioachino Rossini, Il Barbiere di Siviglia (1816) :

« La calunnia è un venticello, / un'auretta assai gentile / che insensibile, sottile, / leggermente, dolcemente / incomincia a sussurrar. » Traduction : La calomnie est un petit vent, une brise très gentille qui, de façon insensible et subtile, légèrement, doucement, commence à murmurer.

« Piano, piano, terra terra, / sotto voce, sibilando, / va scorrendo, va ronzando / nelle orecchie della gente / si introduce destramente... » Traduction : Piano, piano, au ras du sol, à mi-voix, en sifflant, elle va couler, elle va bourdonner dans les oreilles des gens, s'introduisant adroitement...

« [...] E il meschino calunniato, / avvilito, calpestato, / sotto il pubblico flagello / per gran sorte va a crepar. Traduction : [...] Et le pauvre calomnié, humilié, piétiné, sous le fléau public, par un grand coup du sort, s'en va crever.

Le théâtre administratif de la rumeur (en 2026 !)

De piètres acteurs revendiquent l'arme de la calomnie pour leur survie au travail. Pour assouvir leur méchanceté. Pour s'occuper. Pour se donner de l'importance. Certains responsables publics orchestrent à merveille la calomnie pour nuire à autrui.

Nous avons à votre disposition de très nombreux exemples de calomnies et de calomniateurs.

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